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Belfast théâtre de violences anti-immigrés après une agression au couteau
information fournie par Reuters 10/06/2026 à 16:15

(Actualisé avec appel au calme de la famille de la victime, témoignage, Ofcom)

par Amanda Ferguson et Will Russell

Des centaines de manifestants masqués ont attaqué des maisons et incendié des véhicules lors d'une manifestation anti-immigrés mardi soir à Belfast, capitale de l'Irlande du nord, en réaction à une vidéo virale montrant un réfugié soudanais poignarder un homme.

Les émeutiers s'en sont principalement pris aux personnes de couleur, selon des témoins, chassant des familles de leurs maisons, attaquant la police et incendiant des véhicules.

Cette vague de violence, notamment encouragée par un appel de l'activiste anti-immigration Tommy Robinson, a gagné d'autres parties de l'Irlande du Nord.

Les images de la BBC montrent des maisons en feu et l'intervention de la police pour aider une famille à s'échapper des flammes. Selon la chaîne publique britannique, une foule d'une centaine d'hommes ont enfoncé des portes et brisé les vitres de maisons à Belfast.

"On s'en prend à eux simplement parce qu'ils sont noirs", a déclaré le pasteur Jack McKee à la BBC après les attaques contre des habitations dans le nord de la ville.

Mercredi matin, les stigmates des manifestations étaient bien visibles : maisons réduites en cendre, bâtiments à la façade noircie ou aux fenêtres brisées et voitures à l'état de carcasses.

Jamie Corry, un habitant du quartier âgé de 33 ans, a raconté avoir vu sa maison finir en cendres.

"J'étais juste là, à regarder toute ma maison partir en fumée, lentement mais sûrement", a-t-il déclaré à Reuters. "Je leur ai dit, quand ils mettaient le feu à une voiture, que c'était ma propriété... mais ils s'en moquaient complètement."

Réagissant aux violences devant le Parlement à Londres, le Premier ministre britannique Keir Starmer a déclaré que les responsables subiraient toute la rigueur de la loi.

"Il est clair que des personnes ont été prises pour cible hier soir en raison de leurs origines, et je ne le tolérerai pas", avait-il précédemment estimé dans un communiqué.

"Il ne peut y avoir aucune excuse ni aucune justification pour ces attaques", a souligné la Première ministre d'Irlande du Nord, Michelle O’Neill. "Des groupes d'hommes masqués qui brûlent des familles dans leurs maisons, c'est tout simplement de la lâcheté répugnante."

TENSIONS EN GRANDE-BRETAGNE

Le suspect de l'agression survenue lundi, un Soudanais de 30 ans, a été inculpé mardi soir de tentative de meurtre, de possession d'un objet tranchant ou pointu dans un lieu public et de menaces de mort. Il a comparu mercredi devant un tribunal à Belfast et a été placé en détention provisoire.

Un couteau de cuisine a été retrouvé sur les lieux de l'agression, a déclaré Ryan Henderson, commissaire adjoint de police. Des images ont montré plusieurs passants tentant de repousser l'agresseur avant l'arrivée de la police.

La famille de la victime, Stephen Ogilvie, a appelé mercredi au calme. Agé d'une quarantaine d'années, Stephen Ogilvie a subi d'importantes blessures aux yeux ainsi que des entailles au visage et dans le dos.

"Nous tenons à affirmer très clairement que les troubles nocturnes ne sont pas les bienvenus et que la manifestation pacifique est la seule voie à suivre", déclare sa famille dans un communiqué.

"De nombreux migrants apportent une contribution extrêmement précieuse à notre pays… Nous ne voulons pas que cette terrible tragédie serve à diviser la population ou à attiser l’hostilité".

L'agression de Stephen Ogilvie, qui n'est pour l'instant pas considérée comme un acte terroriste, survient dans un contexte de tensions accrues en Grande-Bretagne. Plusieurs manifestations contre l'immigration ont eu lieu ces derniers mois, les partis populistes affirmant que la politique d'asile britannique permet à des individus dangereux d'entrer dans le pays.

Des émeutes anti-immigrés avaient déjà eu lieu en Irlande du Nord l'année dernière, après que deux adolescents roumanophones eurent été accusés d'agression sexuelle.

"POGROM À CARACTÈRE RACIAL"

Le milliardaire américain de la tech Elon Musk a republié de nombreux messages dénonçant la situation au Royaume-Uni. En réponse à un message de Tommy Robinson, le patron de X a déclaré que ce n'était qu'en manifestant "A MAINTES REPRISES et A HAUTE VOIX" qu'il y aurait du changement.

La ministre de la Justice d’Irlande du Nord, Naomi Long, a déclaré à Reuters que des "acteurs de mauvaise foi" avaient cherché à instrumentaliser la peur et la colère.

"Nous savons, en Irlande du Nord, les dégâts que cela peut causer lorsque l’on diabolise tout un groupe de personnes à cause du comportement de quelques-uns, et nous ne voulons pas revenir à cette situation", a-t-elle dit.

Claire Hanna, la dirigeante du Parti social-démocrate et travailliste (opposition), a qualifié les violences de mardi soir de "pogrom à caractère racial". "L’écosystème en ligne qui a attisé ces tensions va désormais passer à autre chose, et ce sont les habitants de Belfast qui devront recoller les morceaux" a-t-elle dit à Reuters.

L'Ofcom, l'autorité britannique de régulation des médias, a mis en garde mercredi les plateformes en ligne contre d'éventuelles conséquences juridiques si leurs services étaient utilisés pour inciter à la violence et propager la haine.

(Reportage Amanda Ferguson, Will Russell et Isabel Infantes à Belfast ; Conor Humphries et Graham Fahy à Dublin ; version française Etienne Breban, édité par Benoit Van Overstraeten)

1 commentaire

  • 14:23

    bientôt la meme situation dans ce pays à cause de macron


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